
Dans l’ensemble des facteurs climatiques du milieu viticole, l’eau tient une place capitale. Pondéralement, elle est le constituant le plus important
des organes en état de vie active de la plante. Elle assure de multiples fonctions métaboliques en participant aux réactions biochimiques et en véhiculant
les matériaux et produits synthétisés. Par son évaporation, elle protège les plantes contre l’échauffement. Dans les sols elle joue un rôle primordial
sur les modalités de l’alimentation minérale de la plante.
En France, où l’irrigation n’est autorisée que dans de rares secteurs méditerranéens, les besoins en eau des vignobles sont exclusivement fournis
par la pluviométrie locale.
Mais la connaissance du volume et de la répartition des précipitations ne permet pas de savoir si les exigences de la vigne en eau sont réellement
satisfaites. En effet, compte tenu d’une évaporation du sol et d’une transpiration des plantes plus intenses au climat chaud que sous climat frais,
une même quantité de pluie peut être largement suffisante dans un vignoble septentrional et déficitaire dans le Midi.
Le concept d’aide aux transpirations potentielles (ETP) permet d’analyser avec plus de précision la situation hydrique d’un milieu. L’ETP peut être
défini comme la totalité de l’évaporation du sol et de la transpiration végétale, en un temps donné, au sein d’une végétation en phase active
de croissance et sur un sol abondamment pourvu en eau. Elle est exprimée en millimètres. Le bilan hydrique théorique d’un milieu défini grâce à l’ETP
peut être établi en fonction de la nature du sol, du relief, de la présence d’une nappe phréatique, du vent etc. mais tous les travaux réalisés
dans ce domaine ont montré que les très bons terroirs viticoles sont souvent caractérisés par un bilan hydrique déficitaire ou faiblement positif.
Le régime de l’alimentation en eau de la vigne joue un rôle considérable dans le développement du raisin. C’est ainsi que les rendements
sont tout particulièrement influencés par la disponibilité hydrique au moment de la période floraison-véraison. La maturation exige avant tout beaucoup
de lumière et assez peu d’eau.
Une sécheresse extrême durant cette période peut cependant être préjudiciable à l’obtention d’une bonne maturité. De telles situations sont assez
exceptionnelles dans notre pays. À l’inverse, des essais ont montré qu’une alimentation hydrique abondante au cours de la maturation exerce
presque toujours, indépendamment du taux de sucre des baies, une influence négative sur la qualité organoleptique du vin.

Selon l’étendue des terroirs, on distingue trois types de climat. Le macro climat, ou climat régional, et le climat moyen d’un terroir assez vaste. Le mésoclimat, ou climat local, correspond à une situation particulière d’un macro climat comme, par exemple, un ou plusieurs versants de même orientation. Dans le langage courant, le climat local est souvent confondu avec le microclimat, qui devrait correspondre à une superficie réellement très petite : un lieu-dit, un clos…
Les facteurs climatiques de base sont au nombre de trois : la lumière, la température et l’eau.
La lumière est la source de la photosynthèse, processus fort complexe qui permet aux plantes vertes de synthétiser des sucres. Dans la grande majorité des régions viticoles du monde, le rayonnement lumineux est suffisant pour que se produise ce phénomène. La plus grande durée du jour, dans les régions septentrionales, compensent en effet la diminution de l’intensité lumineuse.
La température exerce une influence capitale sur le développement de la vigne et la maturation du raisin. La répartition des différentes espèces de Vitis dans le monde relève en grande partie de ce facteur. Les besoins thermiques spécifiques des cépages sont d’ailleurs l’élément le plus important de leur répartition dans les régions viticoles.
Depuis longtemps, les chercheurs ont essayé d’établir des corrélations chiffrées entre la température et le développement des plantes. Prenant en compte les températures moyennes de certains milieux viticoles sur une période de six mois, ils sont parvenus à classer les vignobles français en 4 zones où les différents cépages peuvent connaître des conditions satisfaisantes.
La notion de maturité du raisin est d’ailleurs assez complexe et ne se rapporte pas seulement à l’évolution du taux de sucre dans les baies. Elle englobe également des acides, les constituants de l’arome, les composés phénoliques.
Du point de vue viticole, c’est la maturité technologique qui importe le plus. Elle correspond à l’époque optimale de cueillette, définition en vue de l’obtention d’un type de vin donné. C’est ainsi, par exemple, que la maturité technologique optimale du pinot noir est évidemment différent selon que ce cépage est destiné à l’élaboration du champagne ou du vin de Bourgogne. La maturité physiologique, quant à elle, correspond à une teneur maximale en sucres naturels. La surmaturation est un phénomène purement physique ou l’augmentation du taux de sucre est du à l’évaporation de l’eau des baies.
L’influence de la température est également déterminante pour ce qui concerne l’acidité du vin, sa couleur et son potentiel aromatique. Ainsi, des grappes exposées directement au soleil présentant un taux d’acide malique moins élevé que celles situées à l’ombre. La dégradation de ces acides est en effet accélérée par la chaleur.
L’obtention de vin rouge de couleur soutenue est malaisée dans des conditions climatiques fraîches. Voilà pourquoi, dans les régions fraîches comme l’Alsace, l’on produit principalement des vins blancs.
Si une viticulture de qualité a pu s’établir dans des régions septentrionales ou d’attitudes élevées, c’est grâce aux conditions thermiques favorables de certains climats locaux et de nombreux microclimats. Ces sites doivent cette possibilité à leur bonne exposition sud ou Sud-Ouest, à l’inclinaison du terrain, à la présence de plans d’eau ou de fleuve, qui améliore non seulement la maturation mais aussi l’ensemble du déroulement du cycle végétatif.

Devant l’essor des confréries, il est apparu rapidement souhaitable de coordonner leurs efforts en vue de mener des actions et des manifestations communes en faveur des vins de France et du monde.
La fédération internationale regroupe la plupart des confréries françaises et étrangères. Elle organise chaque année, en France comme à l’étranger, un grand rassemblement qui a lieu dans une capitale régionale ou nationale chaque fois différente : Reims, Nice, Paris, Sacramento, Barcelone, Budapest.
Confréries prestigieuses ou bon enfant du tastevin ou du gosier sec (groupement des organisations sociales, intellectuelles, éducatives, récréatives, sportives et culturelles) toutes ont apporté, dans un style différent et propre à chacune, une importante contribution à une meilleure connaissance des hommes et des vins. Elles ont été et demeures des lieux de rencontre privilégiée, non seulement entre producteurs et consommateurs mais aussi et surtout entre vignerons !
Jamais auparavant les vignerons n’avaient goûté le vin du voisin comme cela est aujourd’hui courant. Des liens, des amitiés se sont nouées entre vignerons de régions différentes qui échangent des idées et confrontent des méthodes. De ce bienfaisant brassage des épouses, qui ont de plus en plus souvent la charge de la partie commerciale et comptable de l’exploitation, ont largement bénéficié, participant activement à la vie socioprofessionnelle.
Le succès jamais démenti des confréries n’a été possible que par l’adhésion pleine et entière d’un public fidèle et toujours plus nombreux. Historiquement, la première confrérie moderne, celle des chevaliers du tastevin, naquit de la nécessité. Par la suite, toutes les autres furent créées sous la pression des amateurs refusant le rôle passif de simples consommateurs et désireux de retourner aux vraies valeurs humaines, y compris celle du terroir que le vin exprime avec plus de grandeur et de fidélité.
C’est ce que chantent et proclament bien haut les confréries aussi enracinées désormais que les vignes sur les coteaux. De plus, le rituel des cérémonies fastueuses et solennelles, le chatoiement des costumes redonne à l’assistance sa part de merveilleux, qu’elle ne trouve plus ailleurs. Le succès prodigieux de toutes les confréries, grandes et petites, qui, avec un égal humour et pareil franches joyeusetés, célèbrent leur terroir, la vigne, le vin et leur mystère, trouve sans doute là sa source.

De l’immédiate après-guerre date la renaissance des deux premières confréries modernes et la naissance d’une première dizaine d’autres parmi les plus grands. Le succès qu’elles rencontrèrent stimulera les initiatives, et les années 1950 verront la création d’une bonne vingtaine de nouvelles confréries, commanderie, viguerie ou autre ordre illustre comme celui de la méduse qui se réfère à celui du même nom créé à la fin du XVIIe siècle.
Si les buts et l’esprit n’était pas tout à fait identique ils étaient toutefois suffisamment proches pour justifier une telle récupération : célébrer dans la fraternité des expressions gourmandes d’un terroir, d’une région.
Malgré des résultats extraordinairement positifs, le principe même de la confrérie comme instrument de cette propagande collective, par-delà les intérêts particuliers, ne faisait pas encore l’unanimité. De sévères critiques visant les costumes, les rituels des cérémonies et la qualité des banquets abondaientt.
Ces reproches plus ou moins justifiés, plus souvent nées de l’esprit de contradiction et d’opposition que d’un raisonnement objectif, n’empêcha pas les confréries de se multiplier, non seulement en France mais aussi à l’étranger, en Italie, en Allemagne, en Suisse, et dans d’autres pays de tradition vinicole.
dans tous les cas, le succès des confréries a dépassé les prévisions les plus optimistes de leur fondateur, quand ce ne fut pas le public qui soutint et encouragea sans réserve les initiatives les plus timides.
L’accueil fait à l’ordre des coteaux pendant les 20 premières années de sa création, en 1956, est exemplaire : il aura fallu tout ce temps pour que l’ensemble de la profession et les instances officielles se rendre compte que la cause de la Champagne disposait là d’un puissant instrument de propagande, littéralement plébiscité à l’étranger.
L’ordre compte actuellement plus de 7000 membres répartis dans le monde, et l’on a pu constater que c’est dans les pays où l’ordre des coteaux est le plus actif que le commerce du champagne est le plus florissant ! Le cas n’est pas unique. Aussi le principe de la confrérie devient unanimement adopté, non seulement dans les vignobles de France mais également à l’étranger.
à l’origine, la confrérie accompagnait chaque communauté de métier, qu’on désignera plus tard sous le nom de corporation. Celle-ci avait pour seul but la protection et la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres, la confrérie prenant en charge leurs intérêts spirituels.
cette organisation en corporation, irréprochable en ses débuts, n’a pu se développer qu’au fur et à mesure de l’affranchissement des villes, soit le XIe siècle, mais il est raisonnable de prendre comme point de départ de la création des corporations le XIIIe siècle, à partir duquel on connaît mieux la société bourgeoise, notamment à Paris. C’est à cette époque, en effet, que son prévôt, désigné par Saint-Louis, eut l’idée de porter sur un registre les statuts de tous les corps de métier.
C’était la confrérie qui désignait ses représentants aux nombreux offices religieux ou au fêtes des autres corporations ; elle répartissait les tâches d’entraide, le remplacement d’un maître malade ou décédé afin d’exécuter certains travaux, dans la vigne par exemple.
Chaque confrérie était placée sous la protection d’un saint, Vincent généralement pour le vigneron, et Nicolas pour les tonneliers… Ces confréries ont pu servir de modèle à des associations diverses à buts pieux, elles n’ont pas manqué d’en inspirer d’autre franchement profane, bachiques et souvent gaillardes !
Société badine, bachique et littéraire. L’une des plus fameuses, la confrérie des Montuzets, vit le jour à Bordeaux. Les vues pieuses qui avaient présidé à sa fondation s’était peu à peu estompées et ses réunions n’étaient plus que des occasions de plaisir.
Le roi Louis XI, de passage pour une degustation, voulut bien accepter le titre de premier confrère ! Par lettres patentes, il accorda des avantages, dont une rente annuelle et perpétuelle de trois tonneaux de vin à prendre sur la connétablie.
Au XIXe siècle, Arthur Dinaux, directeur des archives du Nord et auteur érudit d’ouvrages savants, avait recueilli largement la matière d’un livre qui ne sera publié qu’en 1867, après sa mort, sous le titre “les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux”. Parmi les quelque 490 sociétés recensées, un certain nombre s’apparentent d’assez près à nos confréries modernes. Tel est le cas de l’ordre de la méduse, de celui de la grappe de la boisson de l’étroite observance, ou encore de l’ordre de la treille. Leurs statuts n’ont pas manqué d’inspirer plusieurs confréries contemporaines, jusqu’à reprendre leur nom, insignes et rites.
D’autres, telle la jurade de Saint-Émilion ou la confrérie Saint-Étienne d’Alsace, qui veillait à la qualité des vins quittant l’aire de juridiction, s’inspirèrent de l’organisation communale de jadis.
Le goût du travail bien fait et une certaine qualité de la vie ont nourri les confréries et les corporations d’autres fois. Ce sont ces valeurs de toujours que veulent incarner nos modernes confréries qui se met délibérément au service de tous pour le bonheur de chacun.
Longtemps le vin a été un symbole, mais il fut aussi, et avant tout, un terme de joie et de fraternité. Peu à peu s’est tissée entre le vin et l’homme une intime complicité qui a abouti à une sorte de doctrine du plaisir et à un art de vivre. Les confréries vineuses, tout naturellement, s’en firent les prêtres et les apôtres, pour le plaisir de l’homme.
Célébrer magistralement par François Rabelais, les plaisirs du bien manger et du bien boire sont une tradition qui s’est magnifiquement perpétuée en France, survivant à toutes les tourmentes, guerres, épidémies, et famines ! Depuis les bacheliers, clercs et aventuriers de tous poils qui se réunissaient dans les tavernes pour boire et chanter dès le milieu du Moyen Âge jusqu’au cercle de gourmets et aux autres ordres des Altérés de nos temps modernes, il semble que les confréries joyeuses et ordre charitables aient toujours été aussi nombreux.
C’est pourquoi les prochains billets seront consacrés aux différentes confréries du vin en France
Dès l’Antiquité, poète, écrivains, artistes, qu’ils soient grecs ou latins, d’inspiration païenne ou religieuse, ont chanté le vin. Ainsi est née une civilisation artistique du vin, qui s’est perpétué et enrichi au fil des siècles. Pour s’en convaincre, il n’est que cité Véronèse, Michel-Ange, Vélasquez, Goya, Rubens, Rembrandt, Delacroix, Cézanne, ne serait-ce que pour la peinture, dont les oeuvres sont inspirées par la vigne et le vin.
Mais les musées se font également l’écho du travail et des traditions des viticulteurs dont l’action a profondément imprégné la vie quotidienne de nos vignobles et de nos campagnes. Les musées montrent ainsi des outils, des machines, témoignage d’un passé révolu, qui, avec le temps, sont devenus des objets d’art inestimables. Le travail de la vigne, les outils, l’histoire du vignoble et l’organisation sociale sont différentes selon les régions viticoles.
Chacune a pris soin d’en témoigner à sa façon. C’est la raison pour laquelle les musées du vin sont non seulement dispersés sur le territoire, mais aussi complémentaires. Il en fallait donc de nombreux pour bien exprimer toute la richesse et la diversité de ce patrimoine !
Le vin fait aujourd’hui l’objet d’une industrie d’une activité économique prépondérante pour la France et ses régions. Les musées français portent donc témoignage du lien nécessaire entre tradition et modernisme. Ils sont la vitrine vivante d’une activité dynamique bien implantée dans son époque.

L’église romaine était affaiblie par le schisme de foisonnement des hérésies. La renaissance vint à point pour ressusciter les valeurs formelles et spirituelles de l’Antiquité. Ce fut l’éclosion d’un individualisme libre, critique et souvent paganisant. C’est aussi le temps de la résurrection de la France l’unité nationale prend forme. Les tyrannies féodales s’estompent. On assiste à un fulgurant développement de l’agriculture déjà commencée au Moyen Âge. La vigne, objets de culte, devient aussi le symbole de la richesse économique. Une classe d’érudits, les humanistes, marque les domaines de la pensée et de la foi. Le christianisme doit devenir universel, s’intérioriser et renoncer à certaines traditions qui l’obscurcissaient.
À cette époque, la tapisserie fait constamment référence à la vigne et au vin, notamment dans le groupe des tapisseries aux 1000 fleurs dont il existe de beaux spécimens au musée de Cluny. Des scènes de vendanges sont également reproduites sur une tapisserie de Tournai du XVIe siècle et une tapisserie bruxelloise du XVIe siècle
Le vin, quant à lui, apparaît dans les peintures reproduisant des scènes de festin comme la table du roi, où les noces de cana. Il semble, à cette époque, n’avoir que la valeur d’une boisson pour étancher la soif. Il n’y a pas de verres sur les tables. Les échansons tirent le vin des amphores et le versent dans des coupes à la demande des convives. On ne déguste pas encore, mais le vin est quand même le principal personnage des festivités. C’est aussi le message que nous transmettent les enluminures dans les très riches heures du duc de Déry, des frères Limbourg.

Outre la grèce, la vigne investit l’Italie et la Sicile. Ainsi, chez les Etrusques, Fufluns, génie du vin, protecteur de la cité de Populonia, était très honoré.
Il n’est pas exagéré, par ailleurs, d’avancer que la culture de la vigne n’est pas étrangère au rayonnement de la civilisation romaine.
Très tôt elle fît l’objet de soins attentifs. Différents systèmes de taille étaient pratiqués, le choix des cépages n’était pas laissé au hasard, certains même étaient importé de Grèce.
Les empereurs romains étaient à ce point conquis qu’ils avaient pris pour habitude de cesser toute activité pour aller faire les vendanges.
Dionysos devint Bacchus. il était doté des mêmes attributs: la thyrse terminée par une pomme de pin, et enguirlandée de pampres et de lierres. Les pampres couronnaient également son front. Son char était traîné par des panthères. On lui vouait un culte aussi fervent avec des fêtes somptueuses et délirantes, peut être encore plus débridées.

Parmi les différentes civilisations de Mésopotamie, la civilisation assyrienne a également rendu des hommages fervent à la vigne et au vin. Affranchis des contraintes religieuses qui s’imposaient aux artistes égyptiens, les sculpteurs, parmi d’autres artistes, ont donné libre cours à leur verve créatrice.
Le bas-relief du British Museum, le banquet royal après la victoire, où l’on voit Assourbanipal buvant à l’ombre d’une treille en compagnie de la reine, cependant que les serviteurs les éventent, en est un bel exemple. Ici, plus de symbolisme panthéiste. L’Amour du beau à lui seul justifie l’oeuvre artistique. Quelle splendide réussite plastique, en effet, que cette représentation du trône royal orné de pampres de vignes, délié, enlacés capricieusement aux arbres ! On n’y célèbre déjà la convivialité mêlée d’une certaine solennité propre à honorer le vin. Enfin, le talent des orfèvres s’est également manifesté en perse dans les objets servant à consommer le vin, comme l’atteste un rhyton en or en forme de tête de gazelle datant de la dynastie des achéménides.

Le symbolisme du vin et de la vigne a été utilisé par les mystiques chrétiens dès les premiers temps de l’église. Cette tradition s’appuie sur l’identification, par les pères de l’église, de l’arbre de vie, planté dans le jardin d’Éden, à la vigne. Cette interprétation est fondée sur l’idée selon laquelle l’eau, qui précède la vie, se transforme peu à peu en sang, source de vie et d’amour, comme le prouve le fait que du flanc du Christ crucifié jaillir l’eau et le sang. Ainsi, la vigne est considérée comme l’arbre de vie qui puisse sa force dans l’eau nécessaire pour que s’élabore le vin, sang de la Terre.
Le nouveau testament nous apprend que le premier miracle du Christ consista à changer l’eau en vin lors des noces de Cana et que son dernier miracle, le jeudi saint, lors de la sainte cène,fut de transformer le vin en sang, anticipant le sang versé de la crucifixion. À Canaan, le Christ fit remplir sis jarres d’eau et les changea en vain. La septième jarre était celle de son vin, de son sang, et toute l’humanité fut alors Invité à un nouveau festin où la vie du Christ se sublimait dans le vin. Ce vin était constitué par l’eau des origines, qui symbolise le père, mais aussi par des éléments impalpables en rapport avec l’esprit, le Saint Esprit. Dans cet épisode de la vie du Christ, le mystère trinitaire est donc tout entier symbolisé par le vin.
Mais l’accès à la connaissance, loin d’être acquis d’avance, suppose un travail long et difficile, une quête. C’est cette quête que narrent les aventures du Graal, coupe d’émeraude de dans laquelle la légende veut que Joseph d’Arimathie est recueilli l’eau et le sang jaillit du flanc du Christ, qu’un coup de lance avait ouvert. Les hommes du Moyen Âge en sont d’autant plus assoiffés que l’église a, dès le XIe siècle, privé des fidèles du vin-sang eucharistiques, désormais réservé aux seuls prêtres. Il est du reste à noter qu’à partir de cette époque, le vin qui sert à l’eucharistie n’est plus rouge mais blanc, comme si l’église avait souhaité rendre les signes de la connaissance encore plus inaccessible. Assoiffé d’une connaissance perdue, d’une transcendance dont la signification leur échappe, les chrétiens du Moyen Âge ont alors chanté au moyen de l’art leurs inspirations mystiques.
Désireux également de mettre sous la protection de Dieu les récoltes, source de la vie, les artistes romans vont multiplier les allégories vineuses et viticoles. Certaines de ces représentations -feuilles de vigne, pampres- son purement décoratif. D’autres sont plus symboliques, comme les sculptures montrant les oiseaux buvant dans un calice -symbole d’un bonheur édénique- ou le pressoir mystique que nous montre un vitrail du cloître de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris.
Le thème du pressoir mystique est issu de la parole : Torcular calvaci solus qui se, interprété par Saint-Augustin : Jésus est le raisin de la terre promise, la grappe mise sous le pressoir. Le pressoir, c’est donc la croix elle-même. Sur le vitrail de Saint-Étienne-du-Mont, les patriarches bêchent la vigne et les apôtres cueillent le raisin, tandis que le Christ est sous le pressoir. Le tonneau qui contient le sang divin est traîné par les animaux évangéliques : boeuf, lion, aigle, conduits par l’ange de saint Matthieu. Les pères de l’église mettent le vin en tonneau. Ce vin est distribué aux fidèles lors de la communion. Parallèlement, la vigne symbolise l’église comme on peut le voir dans l’église Saint-Quentin de Vaison-la-Romaine, où un relief paléo-chrétien représente un calice d’où jaillissent deux ceps de vigne. Selon une symbolique d’origine juive, l’église est en effet la plantation du seigneur.
Depuis la fin du XIXe siècle, la réputation du vignoble français courait à la ruine le baron Leroy de Boiseaumarié vint à temps pour y surseoir. Ce baron aurait pu faire aller vaille que vaille son clos de Châteauneuf-du-Pape, d’ailleurs fort renommé. Mais il était dévoré par la passion du vin et l’état de délabrement de notre vignoble l’affligeait.
Pour réaliser l’oeuvre de sauvetage qui était sa raison de vivre, le baron Leroy choisit de suivre la pente du vin… En la remontant. Il proposa d’abord de renoncer aux facilités du siècle précédent, cépages médiocres à haut rendement, terroirs insuffisants, fumures excessive et mal adaptées, arrosage à tout-va… Il préconisa de recommander certains cépages et d’en interdire d’autres, ainsi que de fixer le degré alcoolique et le rendement maximum à l’hectar. Son combat dura près d’une dizaine d’années.
Enfin, ce baron qui était aussi général, remporte une victoire. En 1930, la loi sur les appellations d’origine contrôlée devint la charte des vignerons de Châteauneuf-du-Pape. La Champagne l’adoptait en 1935, Arbois, le Val de Loire, le Bordelais et la Bourgogne en 1936, le Beaujolais en 1937. Toutes les autres régions suivaient.
Le décret-loi du 30 juillet 1935 - créait l’institut national des appellations d’origine (INAO) réunissant des représentants des différentes administrations : agriculture, contributions indirectes, justice, répression des fraudes ; ainsi que des professionnels du vin : viticulteurs et négociants. Leur premier travail fut de codifier l’ensemble des opérations liées à la fabrique du vin, de l’encépagement aux méthodes de vinification. Ils ont pour seconde mission de protéger les vins ayant obtenu l’appellation.
Un même souci de sélection a été appliqué, après la dernière guerre, à des vignobles moins prestigieux au travers de la création des vins délimités de qualité supérieure (VDQS). Cet ensemble forme un véritable code moral du vin. Il apparaît comme l’un des grands apports de la France au XXe siècle.

Établi sur l’un des grands carrefours européens, mais dans une région où la population n’est ni dense ni riche, le vignoble de Bourgogne doit vivre d’une clientèle rare et lointaine. Les domaines sont petits. Il arrive qu’une seule famille possède une seule terre où n’est cultivé qu’un seul cépage.
Le vignoble se développe pourtant de 1100 à 1500, grâce aux religieux d’une part, mais aussi grâce aux “campagnes publicitaires” des grands propriétaires.
Les grands-ducs de Bourgogne, en toute modestie … Se proclament alors seigneurs des meilleurs vins de la chrétienté. Autre trouvaille de génie, à une époque où les vins restent incolores, un inconnu fait fermenter le pinot avec toutes ses rafles et lance le vin vermeil. Désormais, tous les grands buveurs verront rouge.
la croissance du vignoble de Bordeaux s’étend de 1200 à nos jours. Bientôt aiguillonné par de gros clients comme la Holande, l’Angleterre, l’Allemagne, les propriétaires du bordelais se voient dans l’obligation de réaliser des investissements importants dans de grands domaines : les châteaux.
Sur de telles étendues, la nature des sols varient et imposent des cépages différents. On vinifie à part la récolte de chaque parcelle et on pratique au printemps un assemblage ayant pour but de maintenir le même caractère d’année en année, afin de ne pas dérouter le palais du consommateur.
Mais, pour fournir un fret d’arriver aux bateaux qui emporteront ses vins, le bordelais renonce aux fromages issus de ses brebis, de ses chèvres et de ses vaches. Le bordelais est la seule région de France à avoir consenti un tel sacrifice sur l’autel du vin : ses grands crus contre des fromages de Hollande !
L’histoire de la vigne en Languedoc-Roussillon a plus de 25 siècles d’existence, puisqu’elle date de la colonisation grecque au VIe siècle avant Jésus-Christ. La viticulture était devenue si prospère en cette région que l’empereur Domitius, en 92, avait ordonné l’arrachage de la moitié des parcelles. La vigne fut donc cantonnée dans la région de Narbonne jusqu’à ce que l’empereur Probus, en 280, permis à tous les gaulois de faire du vin. Après l’effondrement de l’empire romain d’Occident, en 412, commença pour le vignoble languedocien une longue période de régression, qui prit fin au IXe siècle lorsque les religieux des abbayes de Lagrasse, Caunes, Aniane et Saint-Chinian en reprirent la culture.
Le renouveau économique du XVIIe siècle encouragea la plantation de nouvelles vignes. Puis, l’édit de Turgot, en 1776, décrétant la libre circulation des vins sur toute l’étendue du royaume, ouvrit de nouveaux marchés aux vins du Languedoc. Tant et si bien qu’à la veille de la révolution le vignoble s’étendait sur 170 000 ha et produisait deux à 3 millions d’hectolitres.
Le vin du christ

La transition entre le vin romain et le vin chrétien se fit en douceur. Comme il arrive dans nombre de révolutions, le personnel au pouvoir resta en place. Les généraux se fîrent évêques, les centurions abbés, les légionnaires curés. Ils constituèrent la grande armée du vin. Les ermites, alors nombreux, se mirent à cultiver la vigne. Ils se groupèrent.
A l’époque romane, l’ermitage se change en monastère et le petit clos en cru célèbre. Papes, évêques, chanoines règnent alors sur de vastes territoires viticoles. Les religieux maîtrisent peu à peu la technique de la vinification et participent grandement à l’expansion des vignobles, exception faite de la région viticole bordelaise, qui est l’oeuvre des marchands. Ainsi, les vins de la côte chalonnaise et du Mâconnais, quelques hauts crus de Bourgogne doivent leur renommée à l’ordre de Cluny. Le rayonnement du vignoble bourguignon est en grande partie l’oeuvre de l’abbaye de Cîteaux.
Le vin du roi
Mais le clergé ne fut pas le seul à contribuer à la gloire du vin.
L’autre représentant de Dieu dans la vie terrestre, le roi, y prit aussi sa part, dès les origines. Il semble bien, en effet,qu’à Sumer comme en Egypte, le roi et le prêtre aient été confondus en une seule et même personne. Le temple a constitué la première grande cave, comme il a été le premier grenier. Quand, devenu quelque peu laïque, le roi l’a quitté, il a emporté son vin. De Cyrus à Henri IV et à Louis XIV, la gloire du vin a toujours paru indispensable à toutes les monarchies. Les rois de France possédaient d’ailleurs des vignes sur les collines de Paris, et d’Île de France. Quant à Henri IV, il était propriétaire à Jurançon.
Reflet d’un goût royal, le vignoble aristocratique a porté jusqu’au fond des provinces la justification d’un goût non inscrit dans les nécessités matérielles. Les ducs et les marquis rappelaient au public que le vin est autre chose qu’un aliment. On peut l’aimer pour lui-même, comme une oeuvre d’art, et se ruiner pour lui. Il y eut même des batailles. L’une des plus célèbres est celle qui opposa, au XVIIe siècle, une favorite royale au prince de Conti pour la possession d’un clos de moins de deux hectares: le clos de Romanée-Conti. Aujourd’hui encore, on compte autant de nobles authentiques sur les étiquettes des bouteilles que dans le bottin mondin.