Mon-di-vin: le monde du vin

Vins de France, vin de Bergers

Il se pourrait qu’à l’origine tous les vins de France aient été des vins de bergers. La vigne est le complément naturel du troupeau.

Comme lui, elle se contente de sols pauvres, rocailleux, amendés seulement par l’humus et les cendres de la forêt originelle. La meilleure fumure de la vigne, longtemps considérée comme la seule tolérable, est d’ailleurs fournie par les moutons.

Presque toujours situées à certaines altitudes, les grandes zones de pâturage présentent, au flanc des vallées, des terrains ensoleillés. Les prairies des Vosges descendent jusqu’au vignoble d’Alsace, celles du jura jusqu’en Arbois, celles du Morvan sur la Côte de Bourgogne…

Notre grand château d’eau et de fromages, le Massif central, est ceinturé de talus vineux: Mâconnais, Beaujolais, Côte-rôtie, Côtes du Rhône, Tavel, Lirac, Marcillac, Gaillac, Bergerac, Pouilly-Fuissé, Chablis…

Même schéma dans les Pyrénées, où les crus sont situés sur l’axe des troupeaux transhumants: Limoux, Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh, Irouléguy, Tursan. De racine pastorale encore, deux de nos plus fameuses régions: la champagne, d’où le mouton n’a été éliminé que par les prairies artificielles du XIXe siècle, et le Médoc, où l’agneau de Pauillac maintient sa réputation.

Les goulots d’étranglement, où passaient les bêtes et gens, se sont révélés les plus favorables. Premier conquis, très peu de ces terroirs ont été abandonnés. Débouchés de vallées, défilés, cluses, ports des Pyrénées, ils offrent, sur une faible superficie, les meilleures conditions à la viticulture. Presque toujours, l’on remarque la présence d’un cours d’eau. La halte prolongée devient alors la règle, et l’occasion de boire ou de travailler d’autant meilleure, comme à Château-Chalon, Beaune, Mâcon, Hermitage, Saint-Péray, Châteauneuf-du-pape, Jurançon, Cahors…

  1. mondivin a publié ce billet